SOMMAIRE DU DERNIER NUMERO

 

 

Numéro 8, juin 2000

 

 

 

ERREURS COGNITIVES ET CROYANCES SCIENTIFIQUES

Alain MOUCHES

 

Résumé

Les résultats d’une expérience concernant le jugement d’un texte éthologique montrent clairement qu’une opinion exprimée peut suffire pour induire une erreur de compréhension du texte. Ces distorsions du jugement et leurs logiques cognitives sont développées dans cet article, en proposant des pistes d’analyse des mécanismes inconscients de croyance.

Summary

The results of an experience concerning the judgment of a text clearly shows that an expressed point of view can be sufficient to make an error of judgment about the understanding of the text. These distortions of judgment and their cognitive logics are developed in this article, trying to analyse the unconscious mecanisms of belief.

 

 

COMPORTEMENTS SOCIO-SEXUELS ET SUCCES REPRODUCTEUR DETERMINE PAR ANALYSES GENETIQUES DE PATERNITE CHEZ LE MICROCEBE (Microcebus murinus)

M. Andrès, H. Gachot-Neveu, M. Perret

 

Résumé

Chez les primates, dont la plupart des espèces présente une reproduction saisonnière, le succès reproducteur des mâles dépend en grande partie des stratégies qu’ils mettent en place pour obtenir l’accès prioritaire aux femelles réceptives. Chez les espèces grégaires, les relations entre statut social, comportements sexuels et succès reproducteur restent encore controversées même si les analyses génétiques de paternité tendent à démontrer que les mâles dominants ont une plus grande descendance. Chez les espèces solitaires et nocturnes comme le Microcèbe, un prosimien malgache, l’absence de dimorphisme sexuel, la présence d’oestrus synchrones chez les femelles et la forte production spermatique saisonnière ont suggéré que la sélection sexuelle serait dépendante d’une compétition spermatique plus que d’une compétition directe entre les mâles. En captivité, les comportements socio-sexuels de mâles microcèbes ont été enregistrés pendant une semaine (1h/jour) dans 6 groupes de 3 mâles mis en présence de femelles en pro-oestrus. Dans chaque groupe, la présence de femelles entraîne la mise en place d’une hiérarchie entre les mâles, hiérarchie le plus souvent linéaire, basée sur la direction des comportements agonistiques. Le nombre des comportements liés à la chémocommunication (marquages, flairages) et celui des comportements sexuels (poursuites sexuelles, montes et accouplements) sont significativement plus élevés chez les mâles dominants: 53.9 ± 14 et 14.3 ± 2.8 (N=7) que chez les mâles non-dominants: 16.9 ± 5 et 2 ± 0.5 (N=14). Par la méthode d’Amplification Aléatoire de l’ADN (RADP), des tests génétiques de paternité ont montré que sur les 23 petits produits par les femelles, 21 ont pour père le mâle dominant du groupe où la femelle a été accouplée, prouvant ainsi qu’il existe une corrélation positive entre les comportements socio-sexuels et le succès reproducteur d’un mâle Microcèbe. Bien que les expériences aient été faites en captivité où l’espace restreint permet au mâle dominant de monopoliser la femelle réceptive, il est probable que dans le milieu naturel, la compétition sexuelle s’exerce de la même manière. En effet, la femelle Microcèbe dont le vagin reste clos en dehors des périodes d’oestrus, n’est réceptive que quelques heures pendant lesquelles il existerait une compétition sexuelle directe entre les mâles, sur les mêmes bases que celles observées en captivité et aboutissant à la sélection d’un mâle à haut potentiel reproducteur.

Summary

Most primates exhibit a clear breeding season and male reproductive success mainly depends on strategies developed by males to obtain priority access to receptive females. Within gregarious primates, relationships between social status, sexual behaviors and male fitness remain controversial although DNA fingerprints analyses give increasing evidence that high ranking males have a better reproductive success than low ranking individuals. Within non-gregarious and nocturnal primates such as the gray mouse lemur, the lack of sexual dimorphism, the synchronism of seasonal oestrus in females and the relative large testes size found in this Malagasy prosimian have suggested that sexual selection would proceed from sperm competition rather than from sexual competition. In captivity, male socio-sexual behaviors were recorded during one week (1h/day) in 7 groups of 3 males after the introduction of females in pro-estrus state. In each group, the presence of females has lead to the establishment of a hierarchy within males. The hierarchy was based on the direction of aggressive behaviors and was almost always linear. The number of behaviors linked to chemocommunication (marking, sniffing) and the number of sexual behaviors (courtship, mount, copulation) were significantly higher in dominant males : 53.9 ± 14 and 14.3 ± 2.8 (N=7), respectively, compared with non-dominant males: 16.9 ± 5 and 2 ± 0.5 (N=14), respectively. Using the Random Amplified Polymorphic DNA procedures (RADP), genetic paternity tests demonstrated that 21 out of the 23 babies issued from sexual competition were sired by the dominant male of the group where the female was mated. In captive male gray mouse lemurs, a significant positive correlation was thus found between rank, sexual behaviors and reproductive fitness. Although these data were obtained in captive conditions that facilitated the monopolization of one female by one male, it is likely that in field conditions, sexual competition within males would also exist. Owing to the fact that the receptivity of the female mouse lemur lasts a few hours, males surrounding a female in oestrus state would engage direct sexual competition leading to the emergence of a male of high reproductive potential through aggressive behaviors.

 

 

L’ACCES AUX RESSOURCES ALIMENTAIRES ET LES RELATIONS SOCIALESD’UNE COLONIE DE CHATS DOMESTIQUES ERRANTS, Felis catus

Cécile REGAZZI

 

Résumé

Une colonie de 17 chats errants, nourrie par l’Homme a été observée pendant 7 mois dans le Cimetière parisien de Saint-Ouen. L’objectif : étudier l’accès aux ressources alimentaires. Les observations ont porté sur l’occupation spatiale des chats, l’accès en termes de temps passé aux mangeoires, ainsi que les interactions sociales entre les chats, lors de 15 séances de nourrissage.
Les résultats de ces observations ont permis de mettre en évidence l’existence de relations sociales stables et l’émergence d’une unité sociale. L’accès aux mangeoires n’est pas strictement réglementé, excepté pour quelques individus. Il semble donc préférable de parler d’une « pseudo-hiérarchie » alimentaire structurée par des rituels de dominance et des dyades persistantes de type associatif.

Summary

A colony of 17 free-ranging cats, fed by Human was observed for 7 months in the Cemetery of Saint-Ouen. The study aims at examine the access of food resources during 15 feeding session : the distribution of individuals within the study area, quantitative information on the length of time each subject spent eating and no eating, and social relationship were studied.
The results of this study reveal that the social relationship are steady and that its seem remain apart from feeding session. A true dominance hierarchy was not found among this colony, except maybe for a few cats. A feeding “pseudo-hierarchy” characterize the colony, structured by ritualized dominance and duration associations.

 

 

INFLUENCE DU COMPORTEMENT MATERNEL ET DE L'ENVIRONNEMENT SUR LE CARACTÈRE DES CHIOTS

Éric LEBLANC, Christine VAN WENT–FARAUT

 

Résumé

Une fratrie de 9 chiots est séparée en 2 groupes. Un groupe est élevé par la mère génitrice, l’autre par une mère adoptive. Les observations se portent sur la présence de conséquences comportementales pouvant apparaître à la suite de ces éducations différentes d’une même fratrie par 2 mères dont certains comportements sont très différenciés.

Summary

A nine puppies brood has been parted in two groups. One of these groups has been brought up by the genetic mother whereas the other one has been brought up by an adoptive mother. The observation is focused on the existence of behavioral consequences witch may result from these different educations of a same brood by two different mothers witch some behaviours are very differentiated.